Elle voulait le voir sourire. Elle aurait tellement aimé le voir sourire indéfinniment. Elle aurait voulut sourire avec lui. Mais c'était impossible. Plus jamais.
Souffler. Expirer. Prendre son courage à deux mains. Et frapper à cette maudite porte. 10 minutes que Kathy se tenait devant elle, cette porte blanche en bois massif, cette porte qui appartenait à la maison de James.
3,2,1. Un coup. On attends un peu. Puis le deuxième coup. On vient ouvrir. C'est lui, en boxer, une vielle chemise mise à la va-vite...
Oh non, il était si craquant. Oups, trop tard, c'est le moment. Maintenant.
James : Oh, Kathy, c'est toi...
Il avait dit ça comme si cela ne le surprenait pas le moins du monde. Pourtant Kathy avait tout fait pour le rendre triste et être distante avec lui. Mais rien ni faisait semble-t-il... Ou plutôt cachait-il bien son jeu. En tout cas, Kathy aimait se faire désirer et aller encore une fois jouer à son jeu préféré ce soir.
Kathy : Salut, je voulais te parler.
James : Oh et bien rentre... J'étais déja dans ma chambre sur l'ordi.
Kathy : T'avais pas prévu de sortir ce soir ?!?
James : Et bien non...
Kathy : Oh cela m'étonne...
James : Et bien tu vois, j'espère que je vais pas cesser de t'étonner. Ca ne serait pas drôle si tu savais tout de suite ce que je pensais...
Si, pour elle, cela aurait été drôle, parce qu'elle adorait ça. Prévoir la réaction des garçons. En général elle y arrivait très bien, mais avec lui, rien ne semblait simple.
Kathy : Ne crois pas que je t'ai pardonné.
James : Oh mais j'en demande pas temps.
Il avait dit ça avec un petit sourire moqueur.
Kathy: Oh mais... Pourtant, tu devrais !!!
James : Non, Kathy... Je n'ai rien à me faire pardonner, parce que c'était tout simplement faux. Ryan est un pauvre type qui a voulu se la jouer avec toi, c'est tout. Jamais je lui aurais dit un truc pareil.
Kathy : Ah... Mais qui me dit que ce n'est pas toi qui est en train de me raconter un gros mensonge ?!?
Elle croyait James. Au fond, elle n'avait jamais cru à cette histoire de Ryan et voulait faire durer encore un peu plus le suspense...
James : Haha ! Tu me déçois... Franchement, à ce petit jeu je suis plus fort que toi.
Kathy: Quel jeu ?!?
Elle voulait sauver les apparences mais voyait bien que c'était peine perdue... James était très fort, il connaissait bien toutes les petites combines amoureuses de ce genre, après tout, lui aussi les utilisait souvent. Et c'était ce trait de caractère qui plaisait par dessus tout à Kathy... Malheureusement, ou heureusement...
Il s'approcha d'elle, souriant. Enfin, elle allait pouvoir l'embrasser, elle attendait cela depuis si longtemps... Elle s'apprêta à recevoir son baiser. Il se pencha sur elle, les yeux dans les siens, puis stoppa sa course et lui effleura simplement la joue.
James : Désolé mais depuis tout à l'heure, tu vais un cil et cela me gênait.
Il sourit et lui fit un petit clin d'oeil.
Kathy n'en revenait pas, et pour le première fois depuis bien longtemps, elle se sentit honteuse devant un garçon et rougit.
Kathy : Mais, comment-tu, oh, tu n'es qu'un...
James : Oh, tu ne croyais tout de même pas que j'allais t'embrasser. Jamais je n'oserais sans ton consentement...
Ah, c'en était trop pour elle ! Elle avait sa fierté ! Tant pis, la mission allait devoir attendre ! Non, non et non, elle ne se laisserait pas démolir par ce mec ! Elle le regarda froidement, et le gifla, puis se dirigea vers la sortie, le laissant là. Il riait. Le rire de celui qui sait que l'affaire est dans le sac. Il n'avait pas tort.
Carrye et Mad arrivèrent enfin devant la maison de Tom. De la musique, des cris et des rires sortaient, on voyait bien qu'une fête y était organisée. Carrye fit la moue, elle n'avait pas prévue que cette fête serait aussi importante, elle aurait préféré un peu plus d'intimité. Mad, elle, était au contraire réjouie : parmi tout les gens présents, il y aurait surement Mickaël...
Les deux filles rentrèrent et découvrirent bien vite que presque tout les terminales étaient présents. Il allait falloir user de stratégie pour trouver les garçons. Tom, qui discutait avec la nouvelle, Ginna, s'approcha d'elles.
Tom : Hey, salut les filles ! Vous êtes venues, c'est cool !
Mad cherchait désespérèment Mickaël des yeux et n'écouta même pas ce que lui dit Tom. Quant-à Carrye, elle n'avait pas envie de discuter et fronça les sourcils quand elle vit que Ginna tenait la main de Tom.
Carrye : Mouais... En fait on est venu pour voir Jake et Mickaël...
Tom : Jake ? Ouais, il est là, mais je sais pas trop où. Il tire une de ses tronches. Oh et puis Mickaël, il est pas venu, il voulait rester seul, à ce qu'il parait.
Carrye enregistra les deux informations aussitôt, Mad n'avait rien entendu.
Tom : Hmm, dis, Mary va venir ?
Carrye : Non. De toute façon, arrête, pauvre type, c'est fini entre elle et toi. Elle ne t'aime pas.
Elle n'avait pas vraiment dit la vérité, mais avait voulu être la plus dissuasive possible. Tom la regarda sévèrement, soupira puis s'éloigna. Il ne le savait pas. Mais à cet instant, Carrye lui avait sauvé la vie.
Toujours ce silence pesant. Elle était tout près de lui. Mais pourtant si lointaine. Leurs épaules se touchaient, leurs mains s'effleuraient ; parfois même leurs lèvres s'unnissaient. Mais il savait que ce n'était plus comme avant. Il sentait bien que dans ses baisers, il n'y avait plus aucune chaleur. Il y manquait une petite étincelle. L'amour.
Pourtant parfois il la regardait, et alors ses yeux brillaient. Mais cette lueur n'était pas pour lui, elle n'était plus pour lui, et l'avait t'elle jamais été un jour ? Non, ses yeux étaient brillants quand elle le regardait. Lui. L'autre. Il aurait dut le détester alors. Quel droit avait-il pour voler le coeur de celle qu'il chérissait tant ? Oui, pourquoi n'arrivait-il pas à le haïr ? Il n'en avait pas la force, parce que ce garçon vivait ses derniers instants. On n'a pas le droit de vouloir la mort d'un condamné. De toute façon sa dernière allait arriver.
Il réfléchissait à tout cela. Comment, après ça, allait-il bien pouvoir la regarder en face ?
Kathy tentait de remonter la rue au pas de course mais ses jambes, tout son corps, l'en empêchait. Surtout, sa tête ne lui disait plus qu'une seule chose : "Voyons, faire marche arrière ! Va le voir, imbécile ! Ravale ta fierté pour une fois. Aucun garçon na t'as jamais fait autant d'effet, et toi tu vas le laisser partir, juste parce qu'il est plus malin que toi ! ". Sa tête pouvait parfois faire preuve d'une lucidité absolue. Oui, c'était décidé.
Elle courut et se retrouva une nouvelle fois devant la porte. Mais cette fois-ci elle n'eut pas à attendre, elle s'ouvrit à la volée. James n'avait pas changé sa tenue.
James : Je t'attendais...
Il souriait. Elle le regarda, respira un bon coup. Sa tête ne pensait plus, c'était son coeur qui parlait.
Kathy : Je... J'ai fais un erreur. Je n'ai jamais cru l'histoire de Ryan. C'est juste... J'avais peur de m'engager, de m'attacher trop à toi ou ... et bien de...
James : ... tomber amoureuse ?
Kathy : Peut-être... Mais c'est énervant tout ça, tu lis toujours dans mes pensées !
James : C'est surement parce que j'ai les mêmes doutes que toi.
Ils s'observèrent un instant, les yeux dans les yeux.
Kathy : Je suis consentente !!!
James: Hein ?!?
Kathy : Idiot, tu ne te rappelles même plus de ce que tu dis à deux minutes d'intervalle...
Il n'eut pas le temps de rejouer la scène en arrière pour se souvenir de ses dernières paroles. Kathy s'approcha de lui, et enfin l'embrassa. Quand ils s'arrêtèrent, il lui sourit puis la regarda.
James : Et moi, tu ne te demandes même pas si j'étais consentent ? Tu m'as pris par surprise !
Kathy : Tu sais quoi ? Il va falloir que tu t'y habitues. Je te donne le droit de m'embrasser mais c'est moi qui commande.
Il fit semblant de réfléchir intensèment.
James : Mmm... Et bien j'accepte. Et plus si affinités ?
Il la tira par la manche, l'invitant à la suivre dans la maison. Kathy n'avait pas le temps, elle devait retourner voir les autres chez Mary. De plus, elle voulait le faire attendre encore un peu.
Kathy : Oublie l'ancienne Kathy, pour ça, il va falloir patienter !
Elle s'enfuit, un grand sourire aux lèvres.
Il lui cria alors :
" J'aimais mieux la Kathy d'avant à ce sujet. Mais je saurais attendre, celle de maintenant me permet enfin de l'embrasser, et je suivrais à la lettre ses ordres alors ! "
C'était puissant. Une onde qui vous parcourait tout le corps. Elle sentait que le pouvoir affluait en elle. Aucun doute, déjà une des filles avait trouver son opposé. Elle regarda son frère tristement. Si elle accumulait des forces c'était pour mieux le tuer.
